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    J'ai mal...

    A l'estomac, au coeur, j'ai mal aux larmes...
    Jamais, je n'aurais dû regarder ces vieilles photos du Maroc, surtout en ce moment... Mais c'est toujours à l'horizon des grandes décisions que surviennent les doutes immondes...

    Tu me manques... Je pleure ce passé qui n'existe plus et les moments qui n'auront pas été...

    Jamais été aussi impossiblement mal qu'à cet instant maudit...

    Demain tout rentrera dans l'ordre... alors, j'oublierais combien je t'aime encore... Et j'aurais à coeur de prôner la seule valeur qui compte dans ce genre de situation : la fuite en avant....

    Je n'aurais pas dû t'aimer, Mademoiselle Sibérie.

     

    Photo : Le Coati


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  • ... On rentre au Niaké...

    Déjà ?

    Ouais déjà... enfin dans les jours, ceux qui suivent...

    C'est dingue comme Paris me sort par les trous de nez. Bon d'accord j'ai été content de revoir deux trois têtes et une famille mais ça s'arrête-là.

    En fait, j'ai hâte de retourner bosser. 

     

    Mais ouais, je suis ouf... Je sais.

     

    Photo (village Turkana) : Le Coati 


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  • Faudrait pas s'endormir sur nos lauriers...

    Je n'ai jamais aimé attendre de quelconques résultats...

    Dejà tout petit, les examens me terrorisaient.

    Je n'ai pas été à la pêche finalement !

    Mais la poiscaille sait qu'elle ne perd rien pour attendre...

    Et je parle pas des moules !

    Sinon grand horloger de mes deux, si tu pouvais nous faire un second tour sans trompe-la-mort, cela me ferait assez plaisir !

    Sinon, funerailles...

     

    Photo : Le Coati


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  • Flic floc flic floc... Quelques bribes de sons en direct du Paradis. On le dit terrestre soit dit en passant. Ce qui demontre bien combien l'autre, le dit divin est illusoire.

    Sinon ?

    Rien...

    Mais alors rien de rien...

     

    Photo : Le Coati


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  • ... Cette angoisse terrible de la mort, la peur de dormir la lumière éteinte ? Pourquoi, petit, est-ce que le frangin se tapait la tête avant de s'endormir ?

    On n'a jamais assez parlé de notre mère... C'est un truc qu'il faut maintenant combler... Elle a passé son enfance puis son adolescence, la tête planquée sous l'oreiller à craindre les nuits bleues d'Alger : les attentats de l'OAS ou du FLN qui déchiraient les ténèbres algéroises d'une lumière blafarde... Et puis, elle avait ce père militaire, cet éternel absent, pour lequel elle se rongeait les sangs.

    L'angoisse se transmet ensuite d'une génération à l'autre, sur un autre théâtre d'opération à Madagascar ou en Angola... Elle a légué les horreurs vécues, elle s'est déchargée du fardeau. Elle me réveillait au milieu de ces nuits déjà passablement cauchemardesques pour m'instiller le poison du doute, l'effroi et l'inquiétude réunies dans deux prunelles de femme. Elle avait substitué au père la figure du mari : "qu'est-ce qui se passe ? Ton père n'est pas encore rentré... Y a des routag en ville, ils tabassent des automobilistes. Ce n'est pas normal"....

    Mais si tout était normal, on avait juste un père farceur... Un épouvantable travailleur...

    Et puis il y a les autres, les peurs enfouies, celles qu'on traîne comme Sisyphe tire sa pierre...

    Au Portugal, ce crâne préhistorique plaqué sous un panneau de verre dont on vous persuade que c'est celui d'un enfant mort il y a trente mille ans... Trente mille ans, pensez si c'est impossible un enfant de trente mille ans. N'empêche un premier doute s'est immiscé dans la carcasse.

    On a quatre ans et c'est la première fois qu'on entend ce drôle de mot : mort.... Et puis, en Tunisie, sous les nuits étoilées, il y a le père qui après vous avoir raconté une belle histoire revient avec le parrain hilare à la faveur des éthylismes avancés pour vous rejouer le coup du bouc, version naïve mais bien interprétée des monstres qui peuplent alors l'imaginaire des enfants. C'est con les pères, parfois.

    Et encore, ce réveil atroce dans la maison d'Ambatobe avec ce parasite qui vous remonte le long du corps... Cet alien immonde qu'on ne sait nommer et qui ressort par le nez. J'ai sept ans, j'ai déjà l'impression d'avoir été dévoré par les vers.

    Ensuite, viennent se greffer des centaines de petites autres peurs, des contingentes, des peurs salopes, des peurs traîtresses... La peur de vivre, tout bonnement.

    Voilà comment un jour on s'embarque dans un avion et on va défier le chaos là où il se trouve : en Argentine ou au Liban. Un résidu d'affiches lacérées, un immeuble éventré par une bombe, un barrage de militaire, les armes à la ceintures, les regards anguleux pareils à des poignards. On photographie tout.

    Et puis, quand vient le soir, on s'endort enfin en éteignant la lumière...

    Photo : Le Coati

     


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