Parfois, on est pris soudainement par une idée de plénitude... de bonheur béat... On vit en plein flou... On savoure la châleur qui nous monte dans les corps... On se dit qu'on aimerait bien grailler une langouste... Manger un fruit (forcément juteux), goûter la saveur de cuisses entrouvertes et tout aussi désaltérantes. Et puis s'asseoir dans un hamac, attendre de recevoir l'offrande d'une lèvre sur son sexe... Jouir sans se soucier des bruits qu'on fait car les bêtes allentours ne s'en inquiéteront pas... Plonger dans une eau tiède ensuite, pleine de polypes rutilants et de poissons excités... Et surtout, se dire que cela doit rester une joie en partage, offerte à tous le reste de l'humanité aimante en éther ou en Omo en bi ou en transe... A l'ombre des parasols, on a tous droit d'être... Mais, le monde est ce qu'il est et je doute que ces petites joies-là soient accessibles au commun des mortels... je veux dire, aux Humains honnêtes. Car, le malheur est là, seul les maffieux, les chaffouins, les pécules, les rentiers peuvent parfois se payer se genre de plaisirs... Et là tabarnak, la boucle est bouclée, ce genre de plaisirs, cocasserie !, ne vaut pas quand il est payé... Car, monnaie ne peut offrir la sincérité qui fait la beauté du moment... Bref, ce genre de plaisirs, ça se donne quand on est soit même rassasié...
Photo : Le Coati