Et donc, on sait tout ça... Mais, chez toi à Pantelleria, il y a des femmes qui nous font oublier ce qu'on sait... ça gomme sur le revers du buvard, ça bave des filaments noirs élastiques, ça efface les meilleures résolutions ; celles qui nous tenaient en éveil tandis qu'on jouait les écoliers transis : « quand je serais grand j'aimerais d'amour une fille, une grande, une d'exception, juré ! »
Mais les femmes passent et les exceptions se font plus rares.
J'ai eu mes premières petites amies au crépuscule des années 80... J'avais vingt ans à un moment au début des années 90 : sexe, drogue, première bévues... Ensuite, à l'aube du XXIe siècle, j'ai du prendre la pleine mesure de mon sex-appeal avec en corollaire l'épanouissement sexuel y afférant.
Mais, côté amour, par manque de lucidité j'ai choisit des femmes faciles.
Je ne parle pas de celles qui se donnaient facilement, j'évoque celles qui m'ont aimé facilement.
Mais, c'est pas facile l'amour !
C'est même le truc le plus incohérent qui soit.
C'est stupide, accessible au tout venant qu'on semble croire.
Et non.
C'est tordu, tortueux, emmêlé, ingrat, désolant, malaisé, impromptu, oedipien et tout le tintouin...
Et donc Angèle, à l'aune de tout cet embrouillaminis, j'écris toujours en pensant à toi. Ceci dit, je pense aussi à Silvia mais sans écrire, peut-être parce que je la connais de façon un peu plus charnelle, sans doute parce que je n'ai rien à dire sur notre histoire qui ait besoin d'être su par la terre entière. Alors que toi, ma muse roxanienne, tu fais couler beaucoup d'encre.
Bref. Ecrire ou ne pas écrire en ayant quelqu'un à l'esprit c'est peut être aussi la question.
Photo : le frère du Coati