J'ai l'âge des ruptures...
L'âge où ça ne fait même plus mal même plus peur...
L'âge où l'on enquille des litrons d'insouciance.
L'âge où l'on rêve parfois d'avoir une maladie maligne.
L'âge où l'on sait que l'idée suicidaire est une farce.
L'âge où l'on a plus peur des changements de cap et d'attitude.
J'ai l'âge de raison et quand la déraison point, je sors mon revolver.
Dans l'appartement que mes propriétaires mettent en vente règne une odeur de peinture.
Un règne dédié au neuf... à ce que l'on se prépare à vendre en générant bénéfice.
J'ai l'âge où je vomis ces idées de profit.
L'âge où ça me débecte, toute cette humanité qui ne rêve qu'à elle-même.
Ego... Mais qui se souvient de Socrate et pourquoi Jésus ou Mahomet ont mieux percé au Hit-parade ?
J'ai l'âge des possibles quand rien ne me parait déraisonnable.
J'ai l'âge où je connais de vrais moments jubilatoires quand j'écris... Des joies... Je maîtrise.
J'ai l'âge ingrat. Un gradouble... un grappin. Un gramophone...
J'ai l'âge des peintures...
Un air de départ.
Et ce qui devrait me rendre triste me transpire de bonheur... Pour une fois que l'idée de neuf ressemble à une vraie rupture...
Photo (une fiesta) : Le Coati