
Le Blanc
Le Blanc, un mètre quatre-vingt, quatre-vingt onze kilos, trente sept lunes mal lunées.
Le Blanc, tronche de byzantin revenant des croisades, moitié algérien occidentalisé, moitié blanc canaquisé, totalement brutal et bourrin. Mais aussi vilain, pas beau, bête, adipeux, graisse margarine.
Lourd à souhait, hargneux, méchant avec le blanc à qui il aimerait ressembler... méprisant avec l'arabe, au fond qu'est jamais qu'une sale crouille.
Le Blanc, teint clair, bouche fine, suave, hypocrite, byzantin de nouveau.
Famille oubliée, gommée... n'a jamais existé.
Le Blanc s'est constitué blanc tout seul.
Profession dévalorisante, le Blanc est animateur supérieur, Service Municipal Jeunesse, dans un quartier malsain, (Mairie UMP). Sa mission est d'importance, il confisque des couteaux à des mômes de 12, 13 piges...
Le Blanc souvent est congratulé, félicité, poignées de mains sur poignées de mains. Il se lave la paluche à chaque fois qu'il l'a serre au Maire, se la décape quand il l'a secoue à une racaille.
Le Blanc, minable par dés-intrégration. Le Blanc n'est pas vraiment blanc, serait prêt à tout pour pouvoir le devenir :
Le Blanc s'est persuadé un temps qu'il deviendrait véritablement blanc en possédant une petite femme blanche... il est marié avec une institutrice gentille... il n'est toujours pas blanc !
Le Blanc, plus profondément a le désir d'accéder au pouvoir. Le pouvoir est terne, inodore, incolore, blanc. En effet, le blanc n'est pas une couleur, le blanc n'a pas d'odeur, le blanc est insipide... Alors, malheurs, le pouvoir est blanc !
Certes pense le Blanc, mais ce n'est pas là son moindre paradoxe... car le pouvoir a le don de blanchir.
Merde alors ! Le pouvoir appartiendrait donc aux hommes blancs ?
Qu'importe, le Blanc, Amédée ou Hamid comme on préfère est prêt à tout pour avoir du pouvoir.
Le Blanc a rencontré un blanc qui paraît avoir du pouvoir... Bien introduit... ce blanc, c'est l'Homme, Cristophéro
Le Blanc veut l'Homme ! Mais il y a un malentendu :
L'Homme veut le Blanc !
Alors, le Blanc est au désespoir dans ses groles de métis qu'il finit par noyer sous des pantalons trop larges...
L'autre jour, un peu alcoolisés, ils l'ont tiré à pile ou face.
Pile ou face ?
Le Blanc enculera t-il l'Homme ?
Ce serait une catastrophe si l'Homme devait enculer le Blanc.
Eux
Eux ( Lydian, Julia) = Lui + Elle.
Eux, se sont rencontrés il y a une dizaine de jours sur le lieu de l'action.
Eux, à l'addition ont cinquante trois années, cent trente huit kilos, trois mètres soixante sept. Ils s'aiment pour un soir, peut être une quinzaine, guère plus. Ils ont couché ensemble... verdict ? Moyen !
Sauf quand Lui, lui a englouti son sexe minuscule, joli bonbon acide, acidulé, qui se dissous sous ses coups de langues... et quand Elle, elle a crié un peu, pas pour la forme.
Sauf quand Elle lui pompe l'alcide, lui titille l'bout, l'engave l'albert... Lui râle, râle beaucoup, mais toujours ça s'arrête au moment fatidique.
Eux, vont quand même pas se plaindre ! Jusque là c'était honnête.
Pas toujours, rappelez-vous, quand, Lui, l'empale pile... Elle. Quand il lui agrippe le bassin, la bascule, manège en bois, et le guignol... bande, bande... bande façon marionnettes. Ainsi font, font, font les petites marionnettes... Un siphon sans fond... Ainsi fond le siphon comme neige au soleil... Bref, comme à chaque fois les marionnettes ne parviennent pas à pleurer.
Pas d'état de sexe !
Eux, histoire de cul médiocre, affligeante, minable.
Mais Eux, ont un grand espoir dans leur vie quotidienne qu'ils jugent tout aussi médiocre que leur pâles exploits sexuels... presque minable leur vie quotidienne.
Eux, l'espoir, ils l'ont pensé, agencé, crapulé... un peu d'espiègle !
Un peu d'espiègle sied au risque... va pour l'action !
Et comment est elle envisagée l'Action ?
L'Action pour Lui, c'est une espèce de romantisme étrange, à fleur de peau, inscrit dans le sans gêne : notre siècle manque de héros !
C'est étrange, le romantisme chez Lui, ça le rend brun ténébreux.
L'Action s'est déclenchée en Elle quand elle a rencontré le brun ténébreux... c'est du moins ce qu'Elle lui a dit. Elle, le lui a juré.
A voir !
Parce que l'Action pour Elle, c'est davantage une reconnaissance... sur le devant de la scène aventure... en profil, la Une ! La Une !
Bref, l'Action a bon dos... sur la dorsale... l'Action est en marche...
Et Eux, mieux dans leur pompes respectives, les kilos légers, légers... Eux, moins minables qu'à l'accoutumée... se rendent vers le lieu de l'Action.
Le lieu de l'Action
Métro Mabillon... Odéon ou Saint Germain si on aime marcher.
Un rade bourgeois, bourré de minables bourrés.
La foule est là, graveleuse, la voiture ostensible, ostensiblement parquée, richement optionnée, richesse récente. En vrai, une foule de minables anonymes. La minablerie a ses héros, ceux là n'en font pas partie.
Le lieu de l'Action, le rade de L'Autre, bar de M***... une Action minable, minable par manque d'imagination. Faut m'excuser j'viens boire un coup ici chaque soirs. J'y ai presque des... des actions.
Le lieu de l'Action, un bar ouvert, terrasse chauffée qui rogne sur la rue, la voiture ostensible a du mal à passer sans se faire remarquer.
L'Action, un soir de décembre, un soir chaud. Etrangement doux en terrasse, peut-être à cause de la pollution.... les miasmes de la ville enivrent les esprits avant l'heure des vrais enivrements...
Sous les radiateur extérieurs, l'Action a du mal à débuter, tout se délite, tout s'ébulitionne sous la chaleur de ce 30 décembre 2005.
L'Action, en sueur, mal cadrée, mal située, mal goupillée... déjà ?
Déjà la poisse !... Poisse sous les chaires des minables, et la sueur aqueuse change les avantages en déroute, en retraite... toutes les bérésinas d'un soir se décantent sous l'aine, sous l'aine, mais aussi parfois sous le doigt de pied qui pue !, qui smell !, qui engrange l'écoeure ! L'Action mal dans ses rangers en nage, les rangers masséreuses, l'Action débute ainsi...
A suivre...
Texte et Photo : Wlad Coati et CD