Loin de Ruelle, c'est la nuit. Pas même Rueil-Malmaison. Un camion hagard s'endort entagué...
Loin de Ruelle, trois heures de Très Grande Vitesse. Massilia Sound System. La chaleur sans le stress. Bonne mère, quelque chose que ces blanquinas d'estrangers ne peuvent entraver. On fait des brègues le premier soir. On se dit qu'on arrivera jamais à s'acclimater ici et puis ça passe. Parce que loin de Ruelle, point commun, on s'aventure dans d'étroites travées entre le Panier et la Belsunce, le chichi bien recroquevillé dans le jean, comme rammassé sur lui-même, on se prend à prier que l'évéché ne soit pas à perpet.
Mais y a personne pour te chercher des biscanti... Alors, tu te dis, loin de Ruelle, c'est pas si différent de Paname, juste cet accent un peu plus chantant et ce métissage qui colle bien à la peau cuivrée des Càcous et des Cagoles.
Alors, on comprend toujours mieux pourquoi Izzo aimait Marseille.
Photo : Le Coati