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Remember Odell !


Rien à ajouter de plus que ce qui est écrit ici. Un texte écris en 1999 (avant le départ de Clinton...). L'histoire d'un meurtre d'Etat déguisé... Je l'ai actualisé sans le trahir... C'est naïf parfois, juste à d'autres moments, bancal toujours... Les Etats-Unis ne sont pas loin s'en faut le seul Etat à pratiquer la peine de mort mais c'est le seul Etat qui se targue d'être une démocratie qui continue de l'appliquer...

Ce texte est pour Agnese....
Ultra-violence

Aujourd'hui, dans ma tête, traîne une complainte triste, une phrase que j'aimerais répéter à mes enfants un jour,s'il me prend le désir d'en avoir : “pas content, je ne suis pas content de ce pays !”

Et puis plus loin dans la mémoire s'imprègne ce faux poème, un inventaire à

la Prévert</personname>, pour clore cette histoire, lancinante et grave :

Un mioche de six piges. Un chapeau de cow-boy. Une bannière étoilée. Des baisers de maman. Un revolver de papa. Une high-school. Un bus jaune... déjà tout un pays. Contre-culture. Cu-culture... Warhol, Guerre et trou, Hamburger, sexe, drogue & coca-cola. Cour d'école. Des mômes qui s'amusent. Une mioche de six piges. Son pote. Bisbilles. Un revolver de papa qu'on sort des fontes. Un bras tendus. Un claquement sec. Une odeur de poudre. Une squaw qui s'écroule. Drame. Une môme dans une boîte en sapin. Un petit garçon chez les flics. Un psy qui l'examine. Ier Verdict. Trop jeune pour être jugé. Ouf, mon gars, ouf ! Chez les dingues, c'était pas
assuré. Remue-méninge médiatique. Lobbies / contre Lobbies. N.R.A. Vieillards gâteux. Charlton Heston. Président Clinton, larme à l'œil. Garde à vous. Baïonnette aux canons.
Leitmotiv.

Déjà quelques ratons laveurs écœurés ont quitté l'assemblée.

Aparté / je me répète, je ne suispas content de ce pays.

Des images volés “on T.V.”. Une ville de chasseurs. Des viles viandards. Huntsville Texas. Une prison. Des hommes gris. Des mines sinistres. Un homme vert. En vérité, un grand black. Un visage fermé. Un sourire triste. Un vieux souvenir. Un vrai cauchemar : une femme violée. Une infirmière assassinée. Un amant. Un coupable. La police. Machine-gun. Les sirènes. Les
matraques... Tout le tintouin. Odell Barnes, vous vous souvenez de ce nom ? Now, Tookie Williams... 25 ans après... Double peine. Je pleure deux fois plus. A chaque fois la même affaire... Nouvelle boucherie. Jeux de maux faciles...

Dix jurés blancs
Dix ans de bons et loyaux services.

Dix preuves escamotées.

Dix minutes de délibéré.

Dix Néo-cons

Cinq ou six ratons laveurs.

Verdict. Sans ambages. Death penalty. C'est ça, zou mon kiki !

On te ratiboise le tout en minutes, Juste avant les actus... Mais ça coûte cher. De là viendra l'abolition : le coût...


Un temps qui passe. Un couloir de la mort. Un État, n'oublions pas l'État du Texas. Un lot de 122 trépassés... en cinq ans s'il vous plaît ! Un Gouverneur de province. Un junior for Président.
Et plusieurs “grâces, de grâce Mister Governor”. Des centaines de voix, des Françaises, des Belges et même des Vaticanaises. Rien n'y fait. Un monsieur Governor Georgy en campagne, candidat balaie...

Apprenti Boucher !

Une cour suprême du pays à la bannière étoilée. Une dernière requête. Un ultime : “Messieurs les bourreaux, mieux que la cigarette du condamné, rendez-lui la liberté, c'est un innocent
vous savez !”

Dernière sentence. Niet garette.
Recours avorté. Assassinat légal !


Injection létale.


Violence pénale.

Leitmotiv.


Redondance.


Pléonasme.


Pornographie.


Allez éteint la télé, les ratons laveurs se sont caltés.

Aparté : ce pays quand on y pense, drôle d'endroit pour s'aimer ?

Mais au final pas de crainte. Retour à l'ordre consacré. Né un 04 juillet. Un monde arnoldisé, bodybuildé, Wespointisé, Tempêtisé... Saddam en zonzon, Assad en ligne de mire. Grands
enfants si violent, si content, si charmant. Une bible dans la main droite ; un gun dans la main gauche ; la morale sur le billet. Vert billet. L'OMC va gagner. Une jeune nation. Un “transgénique ta mère”. Une vieille Europe. Et toujours, toujours... Retour à Disney. Dollars et pépés. Odell a clamsé, idem pour Tookie. L'émoi est passé, les ratons laveurs sont couchés.

Morale évidente.

Faut pas aimer...
Ah non faut pas aimer, maniaques, manichéens, déphasés, les gens de la bannière étoilée.

Faut juste rêver, rêver, rêver... un monde de leur vermine débarrassée.


Épitaphe : seuls les ratons laveurs méritent d'être sauvés... en attendant, je bois et c'est amer... Hic !


Texte et photo : Le Coati

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