Je suis un sale chien mouillé, au bord de la route... un sale cleps pouilleux, un batard effrayé dans un pays ou vingt ans durant les hommes se sont fait la guerre.
Je taille ma route, démarche chaloupé, J'évite les villes et leur bonne odeur de boufetifaille. Je préfère vivre en dehors des sentiers battus. Plus sûr.
Je ne me laisse pas facilement approcher. Je sais qu'ici plus qu'ailleurs, les grandes nations ont réglé par autochtones interposés leur ridicules litiges... Toujours une histoire de puissance... Au fond, il s'agit de savoir lequel est capable de pisser le plus loin.
J'ai donc appris à me méfier parce qu'en prime, on aime guère les chiens en ce bas-monde... On dit que l'homme est un loup pour l'homme mais il n'est guère tendre non plus avec les chiens. Qui sommes nous sinon des animaux serviles tout juste bon à remuer la queue ?
On nous traite pire que des chiens, c'est dire... Sauf qu'en ce pays, c'est une de ces bérézina? vous pouvez pas imaginer, ici, l'homme a traité d'autres Hommes pire que des chiens... Y a pas à dire, j'ai sans doute raison de me méfier.
Alors, je taille ma route, démarche chaloupé, J'évite les villes et leur bonne
odeur de boufetifaille. Je préfère vivre en dehors des sentiers battus.
Plus sûr.
Bon, d'accord, j'avais mon air de chien battu mais il avait l'air pas mal non plus, l'autre avec son costume de reporter. Aussi paumé que moi. Est-ce pour ça que je me suis laissé approcher. Eh va-t-en savoir, le coeur a ses raisons... Il avait l'air sympathique, voilà tout...
Alors ?
Alors, je me suis laissé tirer le portrait.
Photo : Le Coati