Un truc de passage
L'homme était Français, la femme était Russe / Tous deux en voyage aux Etats-Unis
/ Tous deux attendaient le même autobus / presque sans bagages, comme des
sans-abri / Ils se composaient dans le terminus /Un nouveau langage bizarrement
joli / Presque du Français et presque du Russe / Et l'Anglais d'usage qu'ils
avaient appris / Au fil du trajet, dans le processus / du bon bavardage qui se
pervertit / le couple savait qu'il s'agirait juste / D'un truc de passage voué
à l'oubli.
L'homme était Français, la femme était Russe / Leur deux cœurs
volages n'avaient qu'une envie / lui s'imaginait délivrer le buste / De l'épais
corsage à demi rempli / / elle se retenait d'explorer les muscles / De ce corps
sauvage de mâle aguerri / Il y eut deux arrêts puis un terminus / Un sac de
couchage pour deux corps unis / Au matin
dormait, l'homme et sa vénus / Tous deux en otage de l'autre endormi / Mais dans
le respect de leur consensus / L'éventuel chantage n'était pas permis / L'entente
voulait qu'ce soit jamais plus / Qu'un truc de passage voué à l'oubli /
L'homme était Français, la femme était Russe / Sans
enfantillage, tous deux ont repris / Chacun leur trajet et leur autobus / Tous
deux le visage un peu déconfit / La femme chassait le souvenir robuste / de son
court voyage aux Etats-Unis / Alors que germait dans son utérus / Un truc de
passage... voué à l'oubli...
Sinon puisque Miss Lynda est si prévenante avec ces Maudits Français (y a comme un trou dans le Québec quand partent ces maudits Français...), je vais la jouer gaullien et crier avec confiance :
Vive le Québec libre !
Photo : Le Coati
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