
Dans la langue verte, j'dirais que je suis littéralement sur le sable. La môme s'est tricée en loucedée un matin. Et depuis, la Colette est aux abonnées absentes. Pourtant, macchabée, me suis même pas fait étriller par la gueuse... Mais le constat vaut son pesant de cacahouètes : dans le larfeuille, c'est Soweto, j'ai même plus de quoi me payer mes cibiches. C'est la chtourbe la plus crasse, clair que vais devoir cigler la créance. Et puis c'est pas non plus la côte en matière de brioches : Eh j'vous colporte tout ça sans chlague et compte sur la fermeture d'vos clapets : mon surin défouraille plus nulle part. Les abricots sont soit trop mûrs, soit trop verts, soit pas près... Plus une gamine pour s'attriquer. C'est la revanche des Malouines. J'ai pourtant pas de machignol déclaré mais les tassepées sont méfiantes. Elles sont plus que jamais rétives à se confier et quand tu leur parles boutique de salaison, elles se renfrognent sévère. Bref, je me coltine une vraie mistoufle et la déprime qui va avec. C'est simple, là où j'en suis, peut rien m'arriver de pire... J'ai l'âme dans la mélasse et j'fais rien qu'à tututer, matin, midi et soir. Sauf à me voir pousser des émeraudes, j'vois pas quelle autre tuile peut me tomber sur le râble... Rien d'autre envie que faire l'iguane. Heureusement qu'il me reste les griffus pour me consoler fleurette.
Texte : Le Coati - Photo : Svetlana Danileiko