
Crédible, Julia l'est ! Pensez si ont voit ça ici à Saint-Germain. C'est pas le lieu, pas l'endroit. Et pourtant dans ses petite menottes, elle a un gros flingue avec silencieux, un heckler und Koch , 9 mm parabellum.
Crédible ?
Elle s'amuse faussement cool à passer le canon sur la tête des uns et des autres... vérifier que ses instructions sont bien suivies... A voir les tronches, effets garanti, assistance constipée, salle muette.
Mais bizarrement la plupart des regards trouilllards convergent vers ailleurs. Ils convergent très exactement vers le Riot Gun ultra moderne, ultra sophistiqué, qui vient de jaillir dans les mains puissantes de Lydian :
Le Neostead war-project que Lui, Lydian plaque en force sur la caboche de L'Autre, Charlus. Le Neostead, c'est une arme irréelle, un délire à la Star Wars. Un long tube noir avec une pompe et une crosse poignet hogue. L'Autre a du mal à croire que ce n'est pas là un jouet. Il a tort, c'est huit fois plus puissant que son grand-père, le Remington 870, the classical Riot Gun, mais, ça marche toujours au calibre 12. Ca peut non seulement lui perforer la tronche à l'Aut' Charlus, mais aussi te fumer tout ceux qui sont derrière, sur une circonférence de 180° celsius. Le Neostead, ça t'en tue vingt-cinq à la fois, et tout cela pour un prix modique, suffit d'aller en chourer un au salon annuel de l'armement (Milipol) à Paname, au stand Prototypes anti-émeutes (rayon pays émergents). C'est ce qu'il a fait Lydian... Mais faut qu'il arrête de se vanter, revenons à l'Action....
Un effort des maxillaires et Lydian psychopathise : FILE MOI CETTE PUTAIN DE MALLETTE ! en même temps qu'il replace mieux le Neostead contre une narine de Charlus, jusqu'à la lui obturer complètement.
L'Autre, jouant vraiment bien les cons :
La mallette, mais quelle mallette ? Y-a rien dans cette mallette !
Lui, accentuant la pression du Neostead sur la narine :
Te fous pas de moi ! File moi cette mallette !
L'Autre : Où ?
Lui : Où ?!?
L'Autre : Ben ouais où j'la pose ?
Lui : Mais sur le comptoir collio !
L'Autre hésite encore....
Lui : Dépêche, on va pas y passer la nuit.... Et puis tant qu'on y est, si y veulent pas caner, dis à tes loufiats de pas jouer les héros !
Et Lydian qu'aurait dû réciter les phrases de façon quasi idiomatique, c'était convenu avec Julia, qui se prend à improviser. Y vient d'le remarquer, c'était très net, malgré l'intense émotion qui le submerge, sa voix se professionnalise avec l'argot de circonstance. On dirait presque qu'il est devenu une mécanique froide dénuée de la plus infime parcelle de sentiments. Oh joie !
Julia ne s'y trompe pas. A cet instant, Elle est des plus amoureuse. Elle croit avoir trouvé son homme, son maître, celui qui ne la décevra jamais. Elle plonge dans ses yeux pour lui signifier qu'elle est désormais sa servante, sa soumise, son esclave...
Lydian, un sentiment indéfinissable le saisi tout le long de l'échine... un sentiment d'invulnérabilité, il presse plus fort le fusil contre la narine de Charlus. Lui, Lydian il sait que désormais, y va pouvoir la faire grimper au plafond.
Julia, se persuade de la même chose... elle a envie de grimper au plafond, ce serait la première fois entre Eux. Elle en a envie. Mais un sentiment tout aussi indéfinissable s'empare d'Elle, un sentiment qui l'incite à se retourner... Quelque chose ?
Plutôt quelqu'un !
Moi ! Je suis là Moi ! Assis, presque en terrasse, face au comptoir. Je la mate avec insistance... ça fait quelques minutes que je les observe... Tous ?
Particulièrement Elle, ma petite Julia !
Je soutiens son regard, pour voir si Elle se rappelle... de Moi, Wladislas !
Mais rien ne perce encore dans ses yeux de garce.
Alors je la gratifie d'un sourire ironique, à Elle qui tient le canon.... et Elle que ça perturbe, fait semblant de retourner à l'Action... Sans Moi. Moi je suis... comment dire... très très serein, mais on en reparlera plus tard.
Lydian, cette sérénité et ma façon de mater sa Julia ne lui ont pas échappé. Il songe qu'il faudra éclaircir ce mystère tôt ou tard. Il me hait déjà... c'est l'évidence
Pendant ce temps, Charlus, l'Autre, suant sa bière trop chère par tous les pores a finit par poser la mallette sur le comptoir.
Charlus, dans ses yeux bovins, la rage se dispute avec la lassitude, presque au fatalisme... Charlus a l'esprit totalement vide. Il est prêt à faire une croix sur son jouet, sa 1690 Chromée... Malheureusement y a pu à hésiter, l'Autre se prépare à poser sa mallette sur le comptoir. Maudit comptoir !
A suivre...
Texte : Le Coati